Connexions et mises en réseau
Afin d'organiser des séances de numérique avec un groupe classe, ou pour une école entière, nous devons manipuler des outils numériques très différents les uns des autres. Nous aurons à faire cohabiter sur un même réseau, des tablettes, des TVI, des ordinateurs et des smartphones. Mettre tout ce petit monde en réseau s'avère rapidement indispensable et très pratique afin qu'ils puissent partager des données et des réglages. Mais comment faire cohabiter tous ces objets connectés sur des OS différents avec des applications et même des logiciels différents ? Voici un petit tour d'horizon des possibilités...
1. Le serveur central
C'est la solution retenue pour les cyberclasses des années 2010. Cela implique d’avoir un serveur dans l'école, ce qui engendre du bruit, une gestion difficile, et de l’espace en moins. Cette méthode me semble très fastidieuse et très lourde tant en gestion qu’en coût au niveau du matériel... Le serveur demande en effet pas mal de réglages et de configurations particulières. Un serveur n'est pas un ordinateur classique. De plus, un serveur a un coût à l'achat et est énergivore au quotidien.
Avec cette méthode, il est difficile de faire cohabiter la sécurité et l'accessibilité... Il est même préférable de ne pas ouvrir le serveur à des connexions externes à l'école, et par conséquent, les fichiers ne sont disponibles qu'en local. L'enseignant doit donc être physiquement dans l'école pour manipuler ou reprendre les dossiers des élèves.
Avec cette méthode, aucun appareil non câblé ne peut être raccordé au réseau, à moins d'y ajouter un modem wi-fi (mais cela impliquera inévitablement des conflits dans l'allocation des adresses IP, à moins de désactiver la fonction DHCP de ce deuxième routeur) On oublie donc les tablettes, chromebook et smartphones... Ce qui est bien dommage. De plus, du câble RJ 45 de catégorie 5 ou 6 (et donc cher) est nécessaire afin de permettre le transfert assez rapide des données. Pour l'avoir testée et vécue quelques années dans ma classe, tant pour l'aspect technique que financier, je vous déconseille cette méthode 😉
2. Le switch central
Cette méthode ressemble beaucoup à la première, d'autant plus qu'un serveur demandera également un switch pour centraliser tous les câbles. Mais ici, le switch ne sert que de connecteur entre les machines. Aucune unité centrale ne regroupera les fichiers et chaque ordinateur garde son indépendance. Les ordinateurs feront partie du même réseau et pourront donc échanger des fichiers mais à condition de régler des fichiers partagés. Si on les configure convenablement, un ordinateur aura accès aux autres ordinateurs et aux dossiers partagés. Mais dans ce cas également, tout reste à l’école et aucun échange n’est possible avec l’extérieur.
Cette méthode ne permet pas de connecter des tablettes ou des Chromebooks au réseau. Il faut pour cela passer par un modem ou un point d’accès wifi branché également sur le switch. Mais cela demande un peu de configuration de la part de la personne qui gère le système car on se retrouve avec 2 appareils qui distribuent les adresses IP (le modem principal ET le modem wifi), ce qui complique un peu la gestion du réseau et amène très rapidement des conflits... 2 machines qui partageraient la même adresse IP seraient automatiquement déconnectées du réseau et n'auraient par conséquent plus de connexion internet.
Petit point positif tout de même, cette méthode permet assez facilement d'intégrer un disque du NAS au réseau et ainsi centraliser les fichiers des enfants. Pour info, un disque dur NAS peut être comparé à un mini serveur (sans tout le côté technique compliqué) C'est un disque dur connecté à tous les ordinateurs en même temps qui pourrait, par exemple, contenir un dossier au nom de chaque enfant où il pourrait venir enregistrer ses documents, ou des fichiers que les enfants doivent visionner dans le cadre d'un cours, etc.
Un serveur virtuel
Cette méthode consiste à simplement connecter tous les ordinateurs à internet, que ce soit via câble (et donc switch) ou simplement en wifi. Nous "virtualisons donc le serveur. Pour cela, on crée un compte Google Education ou Microsoft 365 suivant l'ENT dont votre école dispose. Ordinateurs, tablettes, TVI et autres objets connectés forment ainsi un réseau virtuel géant, accessible non seulement en interne, mais également partout où nous serons connectés à Internet.
Dans mon cas, et par facilité pour elles, mes collègues ont accès à ce réseau virtuel via leur compte professionnel, et peuvent y consulter, uploader ou télécharger des documents. Les enfants, quant à eux, ont accès aux ordinateurs et aux tablettes via un compte "générique" créé sur l'ENT de l'école. Les ordinateurs sont connectés avec ordinateurs@monecole.be et les tablettes sont connectées sur tablettes@monecole.be. L'utilisation de cette méthode en classe devrait donner lieu à une réflexion avec les enfants sur ce qu'il est autorisé et interdit de faire sur les ordinateurs, et donc devrait mener à la création d'une charte.
Dans cette configuration, les fichiers créés et/ou travaillés en classe peuvent très facilement être partagés aux parents ou aux enfants pour par exemple continuer un travail à domicile ou montrer aux parents le travail réalisé en classe. Dans le même ordre d'idée, pas besoin d'être physiquement à l'école pour mettre à jour ou récupérer les fichiers des enfants, je peux tranquillement y regarder de chez moi.
Petit point négatif de cette méthode, l'école devient totalement dépendante de l'état du réseau. Une panne du réseau priverait tous les ordinateurs de l'accès aux fichiers. C'est pour cela que j'ai installé LibreOffice sur toutes les machines, ce qui peut sauver une leçon de traitement de texte par exemple. Mais signalons tout de même que tous les sites actuels passent par cette "virtualisation"... Citons par exemple Canva et Scratch. Les architectures réseau deviennent en effet de plus en plus stables et de nombreux appels à projets existent pour que les écoles puissent se doter d'un réseau internet stable.
En résumé...
| Solution | Accessibilité | Coût & Maintenance | Points Forts | Points Faibles |
|---|---|---|---|---|
| 1. Serveur Central | Uniquement sur place (filaire) | Élevé (matériel + énergie) | Sécurité locale totale. | Bruyant, complexe, pas de tablettes/Wi-Fi. |
| 2. Switch + NAS | Uniquement sur place (filaire + Wi-Fi) | Modéré (achat du NAS) | Stockage centralisé simple, pas de serveur lourd. | Gestion des IP délicate, limité au bâtiment. |
| 3. Serveur Virtuel | Partout (Internet) | Faible (souvent gratuit via l'ENT) | Flexibilité totale, travail à distance, multi-supports. | Dépendance totale à la connexion Internet. |